1952 – 1984

Le dévouement de Jacques SORIN


La première épopée en Coupe de France et l’éclosion de joueurs talentueux

Jaques SorinDurant un quart de siècle (de 1952 à 1977), la section football progressa grâce à la compétence et au dévouement de Jacques Sorin, véritable homme de terrain du onze fanion et pionnier du football à Bayonne. Il participa à l’éclosion de joueurs appelés à connaître le milieu professionnel, tels Christian Sarramagna (Saint-Étienne et Montpellier), Félix Lacuesta (Saint-Étienne, Bastia, Lyon et Cannes), Robert Doyhenart (Fontainebleau), Jean-Louis Cazes (Saint-Étienne et Bastia), Raymond Camus (Bordeaux et Toulouse) et Jean-Claude Larrieu (Cannes et Nice).

Sa disponibilité, ses aptitudes, sa passion et son mérite furent récompensés à tous les niveaux de la hiérarchie sportive avec la médaille d’or de la Jeunesse et des Sports, la médaille d’or (1960) de l’Aviron Bayonnais, la plaquette d’argent (1971) de la Fédération Française de Football et également élu Oscar Sud-Ouest des éducateurs.

Sa grande satisfaction fut de découvrir Didier Deschamps. Ce dernier avait fait ses classes à l’Aviron Bayonnais de 1980 à 1983 avant de connaître la carrière professionnelle que l’on sait.

Lors de la saison 1970/1971, la section football accéda à la Division Honneur et obtint successivement deux places de quatrième au cours des exercices suivants avant la superbe saison 1973/1974 et son épopée en Coupe de France. Après avoir battu Orthez (5 à 0) et Vic-Fézensac (1 à 0) aux tours préliminaires, Bayonne élimina Poitiers, pensionnaire de la Division II (2 à 1) en 64ème et Cerisay (2 à 0) en 32ème et rencontra (en match aller et retour) la prestigieuse équipe de l’AS Cannes en 16ème de finale.

aviron-foot-73-74

À Saint-Léon, devant 6 180 spectateurs payants, un nul 0 à 0, récompensa mal la domination des «ciel et blanc» et ce fut sur la Croisette qu’ils gagnèrent une unanime estime.

Voici d’ailleurs le commentaire de Paul Bayle dans Sud-Ouest :

«Pour un exploit, c’est un exploit. On ne saurait qualifier autrement le résultat obtenu dimanche aux Hespérides par cette attachante équipe de Bayonne qui n’avait décidément pas dit son dernier mot. Après avoir interdit aux Azuréens d’acquérir le moindre but au match aller (ce qui était déjà remarquable en soi), les tenir encore en échec une nouvelle fois, chez eux, jusqu’à la fin du temps réglementaire, les museler pendant 28 minutes de la prolongation et s’incliner alors que l’on songeait déjà à la séance aléatoire des penalties, voilà qui dépasse assurément le stade de la simple performance».

CannesCoupures ABFCRéduits à 10 dès la 43ème minute (sévère expulsion d’Amatriain), les joueurs de Sorin et Lafont, grâce à leur abnégation défensive collective, leur courage (nez fracturé d’Ibarrart) et l’héroïque prestation de Larrieu, contraignirent les Cannois aux prolongations pour céder à la 118ème minute. «Nous attendions les tirs au but – avoua Marcel Lafont – car ce jour-là, notre gardien était imbattable». La composition de l’équipe était la suivante: Larrieu, Jacques Camus, Cazes, Datcharry, Ibarrart, Lacuesta, Michel Sorin, Raymond Camus, Begue, Martinez, Amatriain, Louis Camus et Zubieta.


juniors-ab-78Les juniors eurent aussi leur heure de gloire, lors de la saison 1977/1978 avec la Coupe Gambardella. Imitant leurs glorieux aînés de 1974, ils écrivirent une des plus belles pages de l’histoire du club. S’appuyant sur une défense intraitable, une attaque particulièrement mobile, un ensemble homogène, enthousiaste et dépourvu de tout complexe, les poulains de Marcel Luc et Charly Durandeux sortirent d’une phase régionale (relevée) de qualification aux dépens de Toulouse, Saint-Léonard-de-Noblat, Muret et des Girondins de Bordeaux.

Ils éliminèrent facilement, à Saint-Léon, Bourg-la-Roche en 8ème et perdirent, dans le Rhône, face à l’Olympique Lyonnais, en quart de finale, victimes à la fois d’un manque de fraîcheur physique et de l’efficacité d’un certain… Daniel Xuereb! Insatiables, les espoirs Bayonnais avaient, auparavant, gagné la Coupe Thierry, véritable Coupe du Sud-Ouest de leur catégorie, en battant en finale 3 à 0, au stade Lescure à Bordeaux, leurs adversaires Montois.


Lors de la saison 1978/1979, Marcel Luc prit la succession du très talentueux Jacques Sorin à la tête des seniors qui réussirent un magnifique doublé, titre de champion Honneur de la Ligue du Sud-Ouest et accession à la Division IV. Après un début de saison catastrophique avec trois défaites consécutives, les joueurs du président René Matthys amorcèrent un spectaculaire redressement. Alignant performance sur performance avec l’attaque la plus efficace (44 buts), ils passèrent, sans coup férir, de la lanterne rouge à la tête du classement après six mois d’invincibilité. La section football de l’Aviron Bayonnais n’usurpa pas le droit de devenir «National»!

ABFC-D4-78-79

Cet aboutissement fut tout sauf le fruit du hasard. Le groupe résultait du parfait amalgame entre une ossature d’anciens (Jacques Camus, Datcharry, Ibarrart, Duluc, Daubriac) et un greffon à la fois juvénile et vigoureux (les juniors qui avaient brillé deux ans auparavant). Il y avait aussi la solidité et le sérieux d’un football privilégiant la forme et la beauté autant que le résultat, selon la volonté de l’ensemble des dirigeants. Ce style fut pratiqué, à l’unisson, par toutes les formations du club comme les juniors dirigés par Frédo Fitte, les cadets par Roland Duluc, Jean et François Canton, les minimes par Jacques Castera, Jean Courtoisie et Charles Ducasse.


Quant à l’école de football, elle remporta en 1978, la finale du jeu Adidas/Coca-Cola, récompense justifiée tant par sa fréquentation que par sa structuration et ses méthodes de formation et d’éducation sportive.

La section football de l’Aviron Bayonnais toucha les dividendes de son intérêt pour les jeunes comme en témoignèrent les titres de champions du District des Pyrénées-Atlantiques des minimes et cadets lors de la saison 1976-1977 ou encore la participation des frères Canton à la finale nationale du concours du jeune footballeur, après un fameux doublé lors de l’épreuve régionale de Bordeaux, Pierre, premier et Alain, second. Tirant profit de cette mission pédagogique et de cette politique formatrice, les Bayonnais conservèrent leur hégémonie régionale, en évoluant six saisons en quatrième division.

Ils fidélisèrent un public plus nombreux, décrochant lors de la saison 1981/1982, une remarquable troisième place derrière le Stade Montois et Périgueux, promus en Division III, le tout en dépit de changements notables :

  • avec Roger Lacaze, puis seuls, Jean-Paul de Haro et Pierre Urruty prirent tour à tour les commandes techniques de l’équipe, en remplacement de Marcel Luc et Frédo Fitte;
  • en 1981, l’équipe déménagea vers la rive droite de l’Adour, au stade du Grand Basque, construit pour ménager la pelouse d’honneur de Saint-Léon;
  • en 1982, Henri Lauqué remplaça René Matthys à la présidence de la section.

Saison 2016 / 2017